Savoir-faire

Courtois Paris : l’art du chapeau, une mission de transmission

À 19 ans, Marguerite Courtois tombe sous le charme d’un métier en voie de disparition. Dix ans plus tard, sa Maison est l’une des dernières grandes chapelleries françaises — et l’une des plus vivantes.

Le 13 avril 2026

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Il y a des rencontres qui changent une vie. Pour Marguerite Courtois, étudiante à l’ESSEC, ce fut celle de Frédéric Séheux, l’un des derniers maîtres chapeliers français formés dans la pure tradition du métier, basé à Honfleur, en Normandie, fort de plus de trente ans d’expérience. Dans son atelier hors du temps, elle découvre un art qu’elle ne soupçonnait pas et, surtout, l’urgence de le transmettre. De cette conviction naîtra Courtois Paris, fondée en 2014, avec l’ambition de « redonner au chapeau ses lettres de noblesse » et de rendre un savoir-faire mené à quelques personnes seulement visible et accessible au plus grand nombre.

Courtois Paris : une maison, un héritage

Courtois Paris est aujourd’hui détentrice du label EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant), reconnaissance officielle de l’excellence des savoir-faire français. Ce titre, la Maison le porte avec la même discrétion qu’elle apporte à ses créations : en travaillant de façon confidentielle pour de grandes Maisons de luxe françaises, en prenant soin de chaque pièce comme si elle était unique, parce qu’elle l’est souvent. La Maison fait travailler aujourd’hui vingt et une personnes, sous la marque Courtois Paris mais aussi en marque blanche, pour des créateurs et des Maisons à la recherche de réalisations chapelières d’exception. Un chiffre modeste qui dit quelque chose de la densité du travail : ici, on ne fabrique pas en série. On façonne.

Entre Paris et Honfleur, l’atelier comme territoire

La Maison dispose de plusieurs espaces de création. À Paris, dans le 20ᵉ arrondissement, un atelier-showroom est dédié au prototypage, au travail de la peau lainée et aux prestations sur-mesure. À Honfleur, l’atelier historique, placé sous la houlette de Frédéric Séheux, est celui des formes en bois, du feutre, de la paille, des modèles les plus exigeants.

En 2023, Marguerite Courtois reprend un atelier de presse à chapeaux en Seine-et-Marne, renforçant les capacités de production et intégrant un nouveau savoir-faire. L’année suivante, en 2024, c’est une ancienne tonnellerie normande de plus de 600 m² à Honfleur qu’elle acquiert pour y regrouper ses équipes de Normandie et de Seine-et-Marne. Son ambition : y créer l’un des plus beaux ateliers de chapeaux de France, 100 % français.

Le chapeau pour tout le monde, sur mesure pour chacun

Feutres moulés sur formes en bois, panama, paille, sisal, parasisal, buntal, peau lainée, coupé-cousu… La matiere est chez Courtois Paris une affaire de caractère : on la choisit comme on choisit une silhouette, en fonction de ce qu’on veut exprimer. Les créations s’adressent autant aux femmes qu’aux hommes, pour le quotidien comme pour les grandes occasions.

Le sur-mesure est au coeur de l’expérience : hauteur de calotte, largeur de bord, couleur, ruban, ornements (plumes, fleurs de soie, matières anciennes). Certaines pièces sont réalisées avec des feutres du XIXe siècle, dont la densité et la souplesse sont irréplicables. Chaque commande devient alors une pièce unique, à la croisée de l’artisanat d’art et de l’histoire du costume. La conviction qui guide Marguerite Courtois ? « Tout le monde a une tête à chapeau, à condition de trouver la bonne forme. » Le conseil morphologique est au coeur de l’approche, dans les boutiques parisiennes (8, rue de Babylone, dans le 7ᵉ et 17, rue de Sévigné, dans le Marais), où l’accompagnement est aussi personnalisé que les créations elles-mêmes.

Récemment sélectionnée par Forbes parmi les 30 jeunes talents de moins de 30 ans en France, Marguerite Courtois a 30 ans à peine. Mais la Maison qu’elle a construite a, elle, la profondeur d’un héritage. C’est peut-être cela, le vrai luxe : non pas l’âge, mais la densité.

courtoisparis.fr