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Elisa Parron trace son chemin

Talents | , 6/07/20 | share facebook Pinterest logo Share on Google+ share mail

À travers son objectif, la photographe suisse de 26 ans laisse son cœur s’exprimer. Sur ses clichés, des sportifs effervescents et des artistes enflammés sont au premier plan.

Elisa Parron trace son chemin

Elisa, vous avez démarré votre carrière en « shootant » des footballeurs. D’abord en Suisse où vous viviez, puis à Paris avec le PSG. Racontez-nous comment cela s’est fait ? Quand j’ai été reçue dans mon école d’art, en Suisse, je me suis automatiquement posée la question du genre photographique qui me correspondrait le mieux. Dès mes premiers cours, je me suis naturellement orientée vers le domaine sportif. J’ai écrit à de nombreux clubs professionnels en Suisse pour concrétiser ma volonté, en privilégiant les clubs francophones… Et certains ont fini par m’accréditer ! J’ai enrichi mon portfolio, j’ai attendu d’avoir suffisamment de photos à présenter sur un site Internet avant d’envoyer ma demande au PSG. Je suis tombée sur quelqu’un d’ouvert à l’idée d’accueillir une photographe venant non pas faire des clichés journalistiques mais artistiques. C’est la démarche qui a séduit. Quand j’ai présenté mon travail, l’équipe était enthousiaste, j’ai même eu la chance de réaliser leur calendrier officiel.

 

Ensuite, vous avez immortalisé les concerts du groupe 1995 à ses débuts, puis Nekfeu en solo, Booba, MHD et aujourd’hui Rilès que vous accompagnez visuellement. Il y a une part d’audace, mais surtout de détermination et de travail dans votre parcours. Aviez-vous imaginé, dès le départ, que vous en feriez votre métier ? Je mise beaucoup sur l’audace, c’est certain. Je n’ai pas mis longtemps à comprendre que l’énergie est bien plus agréable quand on travaille dans un milieu passionnant, entouré d’esprits créatifs et innovants. C’était plutôt clair dans mon esprit, je me répétais à juste titre : « j’aime beaucoup ces artistes alors ce sont eux que je vais shooter ». Suivre mes envies était et reste mon seul « plan de carrière » si on peut appeler ça comme ça. Évidemment, j’avais une certaine ambition. Si j’ai déménagé à Paris, c’était pour que la photographie devienne – dans l’idéal – mon métier. Pour autant, ce nouveau départ me permettait de me rapprocher des artistes avec lesquels je collaborais déjà. Cela m’a donc permis de les shooter plus régulièrement et d’accompagner pleinement le Paris Saint-Germain. C’est un cercle vertueux.

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Comment décririez-vous votre univers et quel regard portez-vous sur votre parcours jusqu’ici ? Je dirais que mon univers photographique est vrai et simple. J’avance à ma façon et à mon rythme. Je suis mes propres règles. C’est mon but principal. Je veux me sentir bien à chaque fois que j’ai mon appareil entre les mains. Quand je fais une rétrospective, je m’aperçois que j’ai rencontré pas mal de gens qui m’ont permis de vivre de très beaux moments professionnels. C’est ce qui constitue la vraie richesse de ce travail à mes yeux. Je ne regrette rien et je me dis que ce n’est que le début.

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Quels sont les artistes ou personnes qui vous inspirent particulièrement ? Tous les gens m’inspirent de façon générale, notamment quand ils sont passionnés. Les personnes avec lesquelles j’ai collaboré ont évidemment guidé mon regard d’une certaine manière, mais je ne me sens pas particulièrement inspirée par d’autres artistes photographes car je préfère emprunter mon propre chemin. Au-delà du monde de l’art et de la technique, je suis admirative des personnes qui sont en paix avec elles-mêmes. La spiritualité, la gentillesse et la générosité me passionnent. Le dalaï-lama est une grande source d’inspiration pour moi.

 

Aujourd’hui, votre démarche artistique a évolué. Il s’agit moins de clichés instantanés que de shootings plus construits avec des artistes. Pouvez-vous nous parler de cette évolution dans votre processus créatif ? Je pense que cette évolution s’est faite naturellement, avec la confiance que j’ai gagnée au fil des années. Aujourd’hui, je sais m’exprimer et m’affirmer. C’est ce qu’il me manquait au début. Je ressentirai toujours un amour éternel pour les photos instantanées, mais je veux développer d’autres choses également. Je suis heureuse tant que je travaille sur des projets stimulants, entourée de personnes bienveillantes. C’est le principal. C’est mon objectif.

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Vous tournez également des clips et vous préparez un documentaire. Pouvez-vous nous en dire plus ? Naturellement, on finit toujours par filmer quand on a un appareil photo également programmé pour la vidéo. Alors oui, l’envie m’est venue assez rapidement et ça m’a toujours plu. C’est une manière de se créer des souvenirs et de les conserver. Ce sont littéralement des témoignages de vie, en mouvement. C’est pour cela que j’adore les documentaires. Effectivement, cela fait deux ans maintenant que je filme Rilès. En ma qualité de manager, j’ai cette chance de pouvoir être présente dans les moments déterminants de son parcours. Je peux donc capturer des instants qui comptent sans que ça ne le dérange ou le bouscule. Cette initiative va surement prendre du temps. À suivre.

 

Vous donnez l’impression d’être particulièrement indépendante. D’autant que vous avez réussi à vous imposer dans des univers particulièrement masculins (foot et rap). Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui souhaiteraient se lancer dans une carrière artistique ? Il faut s’assurer d’être profondément passionnée. Quand la vraie passion est là, on ne se trouve plus d’excuses, on fait tout pour y arriver. Aimer les célébrités pour ce qu’elles représentent et apprécier passer du bon temps durant les concerts ne sont pas de bonnes motivations. Ce n’est pas suffisant. Il faut considérer les gens, les écouter et les comprendre et pas seulement ceux qui sont devant l’objectif. C’est dans ce respect global – incluant le respect de soi-même – que l’on parvient à tisser des liens et à créer des contenus de qualité.

 

Retrouvez l’intégralité de cet échange avec Elisa Parron  par Perrine Bonafos
dans le Volume 8 des Confettis, disponible sur notre boutique.

 

Photos ©Elisa Parron

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