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Nathalie Lété et son chemin vers l’art, pavé de rencontres

Rencontres | , 15/11/21 | share facebook Pinterest logo Share on Google+ share mail

Tout n’est pas écrit à l’avance ! Hasard ou destin, la vie est peuplée de rencontres inattendues qui bousculent les cartes pour que s'expriment avec magie, audace et créativité.

Nathalie Lété et son chemin vers l’art, pavé de rencontres

Nathalie Lété, vous multipliez les activités artistiques. Comment vous définissez-vous ?

Je dirai artiste pour tout englober. Sur ma fiche d’impôts, je mets « illustratrice, peintre, céramiste, décoratrice, designer textile ». Mais sinon je me considère comme une artiste pluridisciplinaire (rires). Alors ça porte parfois à confusion ce terme d’« artiste ». À l’aéroport, on me demande si je suis danseuse par exemple ! C’est compliqué de se définir.

 

Vous avez toujours su que vous vouliez être artiste ? 

J’ai toujours dessiné étant enfant. J’étais fille unique et mes parents n’étaient pas beaucoup à la maison alors je m’occupais en bricolant et en créant. Mais je ne m’y projetais pas professionnellement. Je ne venais pas d’un milieu artistique alors je ne voyais pas ça comme autre chose qu’un hobby. Finalement à 18 ans, je suis allée voir une astrologue qui me voyait réussir dans le domaine artistique autour de l’enfance. À ce moment là, j’étais sur le point de m’inscrire dans une école d’hôtesses de l’air pour voyager et l’astrologue m’a conseillé de plutôt faire une école d’art. J’ai essayé Dupperé que j’ai raté puis j’ai travaillé pendant un an pour me payer un atelier préparatoire. Je faisais ça en autodidacte alors je n’avais aucune idée de comment préparer un concours ni vers quelle école me tourner. Cette astrologue m’a donné confiance en cette chose que j’avais envie de faire sans me l’admettre. Puis au delà de ça, ce que je voulais c’était réussir et ne pas galérer. Je voyais mes parents galérer, je les voyais avoir des problèmes de sous et je ne voulais surtout pas avoir à faire ma compta’ à la fin du mois. Me dire que j’allais réussir dans l’art, c’était motivant. Vivre du dessin, c’est génial !

 

Comment faîtes-vous pour conserver votre âme d’enfant ? 

J’essaie de garder ma naïveté et je m’empêche de me poser trop de questions. Je me protège, je me crée mon monde intérieur. Je ne sors pas énormément et je me protège un peu du monde extérieur et de la réalité comme un enfant. Je recherche cette bulle. J’arrive à créer dans cet état d’esprit là.

On sent dans vos inspirations une prédominance des contes, de la poésie, de l’univers floral. Avez-vous toujours besoin que ça passe par du figuratif pour raconter des histoires ? 

Non, j’aimerais bien passer à l’abstraction mais à chaque fois que j’essaie, j’ai l’impression que ce n’est pas moi, je remets toujours ça à plus tard. C’est difficile de traduire mes émotions via cette forme d’art là. C’est comme si je me dédoublais quand je fais de l’abstraction. Je ne me sens pas encore prête à ça. C’est un désir mais finalement quand je tente, je me demande si je ne suis pas entrain de jouer à faire quelque chose qui n’est pas moi. Pour vraiment être en accord avec moi-même, je dois faire de l’observation. Je dessine et « copie » en observant. Je regarde des photos et des objets et je les dessine tel que je les vois. Je me sens honnête car je ne fais que de l’observation finalement. Je m’exprime en reproduisant et en faisant des collages et des compositions de ce que je reproduis. Je raconte des histoires de cette manière là, en recomposant avec ce que je vois. Tout ce qui est « se laisser aller » et « inventer », j’ai vraiment du mal.

 

Comment articulez-vous votre processus créatif ? 

Je n’ai pas beaucoup de réflexion, je suis plus dans la fabrication. Je n’ai pas de trajets hors j’ai bien l’impression que l’on réfléchit quand on marche ou quand on prend le train. Moi assise, je n’ai pas de réflexion. Depuis le début de l’année, je travaille sur l’univers du cirque et je produis par rapport à ça. Je produis tout le temps, j’ai du mal à m’arrêter. Je m’occupe aussi un peu de la partie édition. Il y a des choses que j’édite moi-même. J’avais monté ma propre boîte d’édition et je faisais des tapis et des coussins mais on rencontre tellement de problèmes logistiques. Comme je faisais tout toute seule, c’était une grosse source de stress. Je fais de plus en plus de collaboration avec des éditeurs. Je me concentre sur la partie création, c’est plus agréable. Je me cadre de cette manière. Je décompresse en bouquinant, parce qu’en ce moment ma télé déconne et mon mari n’est pas là pour la réparer (rires).

 

Votre manière de travailler a-t-elle évolué avec les nouveaux outils digitaux et le numérique ? 

Avant je passais beaucoup de temps à collecter des images, à ouvrir des livres. C’était intéressant parce que je me déplaçais à la bibliothèque avec un thème en tête comme le cirque par exemple. Je sortais tous les bouquins et je passais des journées à dessiner. Puis je reprenais le travail de ces dessins une fois chez moi. Maintenant j’ai tellement de demandes, il faut que j’aille plus vite. Je tape quelque chose sur Google, j’ai l’image sous les yeux et je travaille à partir d’un dossier photos/images. Cela va beaucoup plus vite. Le travail de recherche en bibliothèque donnait une ambiance particulière, j’en garde un bon souvenir. Parfois l’abondance des images du web peut être un obstacle dans le travail de recherche.

Beaucoup de vos réalisations appartiennent au domaine de la déco. N’auriez-vous pas envie de mettre en scène des lieux ? 

Je me sens complètement sûre de moi quand je dessine mais pour organiser l’aménagement d’un lieu de A à Z, je me sens toujours un peu flottante. J’aimerais bien avoir toujours quelqu’un qui travaille avec moi. Je n’ai pas assez confiance en moi pour réaliser un chantier. J’aime bien avoir l’écho d’une autre personne. J’aime bien l’échange avec l’autre et pouvoir me reposer sur quelqu’un aussi dans les galères professionnelles. J’adorerais faire des chambres d’hôtel mais avec l’aide d’un architecte ou d’un décorateur. Je suis très rapide pour donner plein d’idées mais après il faut me canaliser.

 

Votre papa est d’origine chinoise et votre maman allemande. Cela influence-t-il vos réalisations ?

Oui, mon père vendait des peintures sur soie venant de Chine le long du Boulevard Saint-Michel. Puis il est parti et il avait laissé une valise avec des tas de peintures invendues. Cela m’est resté car pendant une dizaine d’années j’ai fait de la peinture sur soie. Finalement, les plantes, les fleurs, les oiseaux dans une représentation à plat sont propres à l’art asiatique. J’adore aussi l’art folklorique. La broderie, la peinture sur verre, le folklore des vêtements autrichiens, les contes allemands que me lisait ma mère le soir. Toutes ces choses ont modelé mon appréciation de l’art. Les fêtes allemandes des années 70 aussi, j’en ai de bons souvenirs.

Vous vous êtes complètement trouvée dans votre activité ?   

Oui, je suis super heureuse de faire ça. J’aurais adoré danser ou faire de la musique sinon. J’aurais eu du plaisir par ces arts là aussi.

www.nathalie-lete.com

Photos © Lucie Sassiat pour Les Confettis

 

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