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Prescription Lab : Bande de filles

Démarche | , 11/06/18 | share facebook Pinterest logo Share on Google+ share mail

Box beauté haut de gamme, Prescription Lab développe depuis plus d’un an des partenariats prestigieux et une marque de cosmétiques naturels. Rencontre avec sa fondatrice Sarina et son gang de beautistas : Charlotte, Marion, Laure, Camille et Laura.

Prescription Lab : Bande de filles

Vous apparaissez aujourd’hui comme un joyeux sextuor qui réinvente la synergie au bureau, comment est née l’aventure Prescription Lab ?
Sarina :
Tout a commencé pendant mon congé maternité. À l’époque, je cherchais à savoir quels étaient les meilleurs produits naturels mais sans avoir à traverser la ville. C’est comme ça que l’idée d’un rendez-vous, une fois par mois, avec un magazine et son coffret de produits cools, m’est venue. Hasard de la vie, au même moment j’étais contactée par des investisseurs. C’est grâce à cette assise financière que j’ai pu lancer la machine et recruter mon équipe. Aucune de nous n’aurait pu me suivre s’il avait fallu attendre deux ou trois ans pour se verser un salaire. Il fallait très vite pouvoir faire bouillir la marmite et que ça décolle.

Vous êtes aujourd’hui six. Comment avez-vous composé votre équipe ?
Sarina :
L’équipe parfaite devait pour moi réunir – en plus de qualités essentielles de bienveillance et de curiosité – deux qualités qui sont souvent dures à trouver : être sensible au beau et avoir une rapidité d’exécution. Des esthètes ultra efficaces, en somme. J’ai demandé à des jeunes femmes avec qui j’avais déjà travaillé si l’aventure les tentait. C’était le cas de Marion, responsable marketing, ou encore de Charlotte qui s’occupe du magazine. Choisir sa propre équipe, c’est LE luxe ultime ! Là, j’ai pu composer avec des talents complémentaires, des femmes avec de jolis parcours et surtout de belles personnalités. Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais c’est justement dans le débat qu’on s’améliore.

Pour certaines, vous avez fait passer de « vrais » entretiens ?
Sarina :
Oui ! Laure et Camille, par exemple, ont été choisies par annonces et recommandations d’amies. Je sais que quand tu veux un job, tu as tendance à te maquiller, à colorer la réalité… mais il faut réussir à rester soi-même sinon ça ne peut pas marcher. Le naturel revient toujours au galop.
Laure : Je me souviens d’ailleurs que pendant l’entretien, Sarina m’a mise très vite à l’aise. Quand il a fallu rencontrer les filles, c’est d’ailleurs une des premières choses qu’elle m’a conseillée : de ne pas cacher ma personnalité, d’être moi-même dès le premier jour.

D’ailleurs, comment s’est passé ce premier jour ?
Sarina :
J’avais fait circuler les numéros de téléphone pour qu’elles se rencontrent entre-elles et qu’une fois sur place on puisse démarrer rapidement. C’était le 1er août 2016, nous nous sommes retrouvées dans les locaux de notre incubateur à Levallois-Perret, sans ordi, avec devant nous une page blanche à écrire.
Charlotte : Mais avant ça, il y a eu la « réunion pizza » pas très loin de chez Sarina…Nous nous étions retrouvées autour de pizzas et de spritz.

Depuis, on dirait que vous ne vous quittez plus…
Laure :
Toutes les personnalités matchent vraiment bien alors qu’on est toutes très différentes.
Laura : On a des passions communes, on aime bien sortir et boire, on a le même sens de l’humour.
Charlotte : Et on ne se met pas de pression, si on se fait un verre et qu’il y en a une qui ne vient pas, on ne se fait pas la gueule.
Sarina : Elles partent même en vacances entre-elles ! Camille et Marion se rendent ensemble en mars à Bologne, en Italie, pour le Cosmoprof (Salon international des parfums et des cosmétiques, ndlr) et Laura a décidé de les rejoindre pour le week-end.

Vous rompez totalement avec le cliché des femmes qui se crêpent le chignon
Laure :
Il n’y a pas de concurrence parce que chacune est maîtresse de son domaine. Personne n’a envie de faire le job de l’autre, il n’y a pas de jalousie entre nous. Parce que l’on a envie que ça se passe bien, on va naturellement désamorcer les conflits. On se dit les choses et puis après on va boire des spritz. On est trop peu nombreuses et on est trop collées au bureau pour se faire la gueule !
Laura : De toute façon, on ne peut pas rester fâchées, on est tellement interdépendantes, ça nous bloquerait pour le business. On est obligées de déverrouiller les conflits rapidement.
Sarina : Il y aura toujours des filles qui n’aiment pas les filles ou des filles qui se sentent en insécurité. Mais des équipes de filles qui, comme nous, s’entendent bien on en croise plein. C’est parfois plus compliqué dans les grands groupes parce qu’il y a une hiérarchie pyramidale et plus tu montes, moins il y a de femmes.

On parle beaucoup dhappiness manager, teambuilding et de locaux avec des baby-foot, est-ce que vous pensez que ces « à-côtés » très anglo-saxons transforment vraiment notre manière de travailler ?
Sarina :
Oui cela rend les bureaux plus agréables à vivre et les rapports plus humains, moins guindés qu’avant. Nous n’avons pas encore le joli petit appartement Prescription Lab dans le centre de Paris, avec parquet et meubles blancs, dont nous rêvons toutes les six, mais je prie pour que cela vienne. En tout cas, cela crée des liens et permet aux personnalités de chacune de mieux s’exprimer. Attention cependant à ne pas mélanger fond et forme, ce n’est pas parce qu’on vous offre l’apéro le vendredi ou qu’il y a des soirées organisées tous les mois que la boîte est réellement sympa. Cela peut aussi être du storytelling, du cool washing pour mieux vendre et recruter.
Camille : Cette bonne ambiance, on se la crée entre-nous parce qu’on s’entend toutes bien. C’est assez naturel pour nous d’aller boire des verres ensemble, de faire une expo, de partir en week-end… On n’a pas besoin de teambuilding.

Qu’est-ce qui a forgé cette cohésion d’équipe ?
Sarina :
D’avoir la certitude que chacune est la meilleure pour faire son job et que nous travaillons chaque jour au même but avec passion. On a du plaisir à se retrouver, à travailler ensemble même si, parfois, on galère comme tout le monde. Tu peux faire n’importe quoi si tu es avec quelqu’un qui t’éclate, qui t’apprend des trucs… Construire une fusée avec un connard, c’est beaucoup plus dur.

Cest quoi dailleurs pour vous un bon manager ?
Marion :
Quelqu’un qui valorise tes compétences. J’ai travaillé dans des groupes où on te flique tellement que tu ne sais même plus écrire un e-mail ! Pour moi, c’est essentiel d’avoir de la liberté parce que c’est en te sentant à l’aise que tu deviens créatif. Quand tu évolues avec des gens qui te font confiance, tu oses suivre tes intuitions, tu prends des risques.
Sarina : Une personne qui donne de la vision et de l’énergie. Il faut savoir montrer le cap et permettre à chacun de se sentir bon à son poste. Si une fille fait de la rétention d’infos, fait la gueule ou part dans un délire perso, ça bloque toute la chaîne. Tu manages bien les gens si tu aimes être au contact avec eux. Et puis, c’est important de se dire quand ça ne fonctionne pas, de formaliser les choses. Je dis toujours que dans une évaluation, tu n’es pas censée apprendre quoi que ce soit. Si tu as une bonne communication avec ton manager, il ne devrait pas y avoir de surprises le jour où tu te poses pour faire un point. C’est un moment d’échange. On a tous des points d’amélioration.

Quelles ont été les erreurs que vous avez vues ailleurs et que vous ne vouliez pas reproduire au sein de l’équipe ?
Sarina :
La peur de la critique (même constructive) qui fait qu’on se contente du consensus pour ne pas faire de vagues et le manque de solidarité dans les projets. Si on signe une marque canon, c’est le beau boulot de Laura, notre commerciale, mais aussi grâce à une jolie interview réalisée le mois d’avant, ou une créa très réussie sur les réseaux sociaux. Tout est lié, les victoires sont collectives.

Aujourdhui, quest-ce qui vous manque dans cette vie de start-up ?
Sarina :
Plus de moyens pour faire des choses plus rapidement et avoir plus de puissance pour se faire connaître. Dans une grande entreprise, les personnes avec qui tu parles comprennent généralement ton métier, pour nous c’est plus complexe. Nous parlons avec des investisseurs qui ne le connaissent pas du tout et qui ont des logiques différentes.
Charlotte : Une vision à long terme. Pour le moment, on doit faire nos preuves dans un temps super limité où tout est une urgence.
Marion : Dans les grands groupes, les cosmétiques sortent tous les ans voire tous les six mois. Nous, on est à un produit par mois. Le point positif c’est qu’il y a zéro inertie. Tout va très vite et on ne s’ennuie jamais. Il ne faut jamais dire jamais, mais je pense que je serais incapable de revenir dans une boîte où on met deux ans à développer un produit.

Retrouvez l’interview en exclusivité dans notre revue LES CONFETTIS Volume 4.

Propos recueillis par Elsa Pereira – Photos Lucie Sassiat

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