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Elaine Tian, céramiste et créatrice de Studio Joo

Personnalité | , 23/04/18 | share facebook Pinterest logo Share on Google+ share mail

C’est dans le très branché quartier de Williamsburg, à Brooklyn, que l’on découvre Studio Joo : un grand atelier, baigné d’une douce lumière, dont la maîtresse des lieux est Elaine Tian. Rencontre.

Elaine Tian, céramiste et créatrice de Studio Joo

Elaine Tian, nous accueille, souriante, vêtue d’un tablier noir constellé de petits confettis blancs, rappels épars de sa passion pour les pièces en porcelaine. Deux grands fauteuils en cuir se font face, entourés de dizaines de plats et d’assiettes, de bols et de tasses au design simple, épuré, aux accents asiatiques. Un espace chaleureux et paisible au milieu du tumulte new-yorkais : idéal pour la création.

Studio Joo - Elaine Tian - Brooklyn

Il y a moins de dix ans, Elaine Tian est tombée amoureuse du métier de céramiste alors qu’elle poursuivait une carrière tout autre, dans le design graphique, au magazine Elle USA notamment. « Après avoir découvert les œuvres de Louise Boscacci, je me suis inscrite un peu par hasard à un cours de l’atelier Greenwich House Pottery au cœur de Manhattan », avoue-t-elle, encore étonnée, des années plus tard, de cette découverte inattendue.

Elaine Tian -STUDIO JOO -matcha bowls

 Cette quadra australienne, venue faire carrière aux États-Unis après des études de dessin et de sculpture au College of Fine Arts de Sydney, trouve là son medium d’expression idéal : « la céramique est le point de convergence entre tout ce que j’ai pratiqué auparavant : le dessin (imprimer une marque), la sculpture (créer une forme) et le design (fonction de l’objet). » Une véritable passion naît alors pour la poterie mais surtout pour la porcelaine, une matière qui exige délicatesse et savoir-faire, doigté et concentration, une matière qui ne tolère pas l’à-peu-près. À proximité du tour, où elle définit les formes graphiques de ses œuvres, une série de photos illustre cette passion et l’esthétique épurée qu’elle vise à reproduire. Sur une table, son livre de chevet : La voie blanche, épopée du céramiste Edmund de Waal, décidé à percer les mystères de la porcelaine. Ici et là, sont disposés à même le sol les tableaux minimalistes que la potière peint toujours et qui font aussi sa renommée. Oscillant entre art et artisanat, elle poursuit une recherche esthétique ancrée dans le réel : ses bols et ses tasses sont travaillés pour séduire l’œil, mais aussi les mains qui les saisissent ; ses toiles ont une insistance discrète qui se conjugue harmonieusement aux intérieurs les plus variés.

Artisanat - Elaine Tian - Studio Joo

Son quotidien n’est jamais une routine. Elaine énumère la longue liste de tâches quotidiennes de la potière indépendante : tourner, émailler, préparer les commandes, emballer les œuvres, peindre ses toiles, mettre à jour son site Internet, photographier les pièces, ranger l’atelier, lire. Beaucoup. « Je n’ai pas d’emploi du temps type. Je suis très occupée de 9 h du matin à 19 h tous les jours, sauf le dimanche. La seule chose que je fais quotidiennement, c’est nettoyer mon tour pendant 30 minutes » confie-t-elle. En fond sonore, des émissions politiques à la radio lui permettent de rester en prise avec l’actualité du monde qui tourne autour de cette bulle-atelier… et comblent son besoin compulsif de penser la marche de l’Histoire. Elaine va même plus loin : membre actif de plusieurs associations de défense des citoyens, elle a proposé ses œuvres pour des ventes aux enchères qui reversent les bénéfices à l’ACLU (association américaine de défense des libertés civiles).

Porcelaine - Elaine Tian

Ses clients sont des particuliers, des boutiques pointues de décoration, mais aussi des professionnels : créateurs de mode, décorateurs, artistes. Un public large et fidèle qui s’affranchit des frontières américaines, à en croire les cadeaux qu’elle reçoit d’autres potiers installés à l’autre bout du monde, comme des hommages. Exposée au Bon Marché lors de l’événement Brooklyn Rive Gauche en 2015, elle a noué une relation particulière avec les passionnés de porcelaine français, qu’elle rencontre régulièrement à l’occasion de ses nombreux voyages d’études dans l’Hexagone.

Que souhaiter de plus ou de mieux à Elaine ? « Mon rêve est de continuer à créer des pièces soigneusement conçues, des œuvres qui ont une connexion avec l’Homme. Je voudrais poursuivre cette quête de pièces fonctionnelles et collaborer encore avec des artistes sur des projets intéressants. Si, dans dix ans, je possède encore un atelier que les gens aiment visiter, je serais extrêmement heureuse. » C’est tout ce qu’on lui souhaite.

www.studiojoo.com

Photos : ©DougYoung et ©JessicaAntola

 

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