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Allison Bornstein, les conseils d’une styliste

Talents | , 24/05/21 | share facebook Pinterest logo Share on Google+ share mail

Allison Bornstein est une styliste qui rompt avec les codes élitistes de son domaine. Via les réseaux sociaux, cette amoureuse de la mode marie fashion et bien-être. Rencontre.

Allison Bornstein, les conseils d’une styliste

Allison, vous êtes la styliste personnelle de femmes très admirées pour leur allure, notamment l’actrice Katie Holmes et la maquilleuse Violette Serrat. Au-delà de vos études au Fashion Institute of Technology de New York, comment s’est construite votre relation à la mode ? 

J’ai toujours aimé la mode. Depuis mon plus jeune âge, j’ai cette obsession pour les vêtements. J’ai toujours eu une idée très particulière de ce que je voulais porter. Heureusement, ma mère m’a beaucoup soutenue et m’a toujours laissé m’habiller comme je le souhaitais, au risque de me voir accoutrée d’une drôle de manière parfois (rires) ! J’ai beaucoup de reconnaissance envers ma mère d’ailleurs, car elle m’a fait comprendre qu’il n’existait pas de bonne ou de mauvaise réponse en matière de mode. La mode est restée depuis ce jour mon moyen d’expression. Ce qui est important, c’est de porter ce qui nous fait du bien. J’aime les vêtements mais ce que j’aime le plus, c’est la façon dont ils peuvent créer un personnage ou une attitude. Les vêtements ne sont rien en eux-mêmes, c’est la femme qui les porte qui leur donne vie et sens ! J’ai toujours été observatrice mais, en déménageant à New York, je suis devenue obsédée par les différents styles vestimentaires que je voyais. Dans le métro, je me posais souvent la question du cheminement personnel de la femme en face de moi : « Qu’est-ce qui lui a donné envie de porter ces bottes avec ce jean ? » Ma fascination pour la mode trouve son point de départ dans l’observation des tenues que les gens portent au quotidien.

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Comment êtes-vous devenue « wardrobe specialist » ?

Quand j’ai commencé dans ce milieu, notamment d’abord en stages, le secteur de la mode était différent. Je m’imaginais devenir une styliste respectée dont le travail pourrait nourrir les campagnes éditoriales de Vogue. Puis, j’ai réalisé que le style n’était pas seulement une problématique de magazine. J’ai compris que l’habillement était une clé pour chacun d’entre nous. Il y a encore quelques années, beaucoup de femmes rêvaient en voyant les couvertures de magazine mais ne pouvaient pas forcement s’offrir ce style de vêtements. Ces femmes, laissées pour compte par l’élitisme de la mode, sont devenues celles à qui je m’adresse aujourd’hui. J’ai trouvé un moyen de réconcilier ces femmes avec une mode qui les sublime. Il s’agit de leur faire comprendre que la mode peut être comme un soin que l’on s’accorde.

 

Vous êtes connue dans le milieu du stylisme pour avoir une approche du style très bienveillante. Vous en avez fait une devise : « fashion is wellness ». Pourquoi ?

Je crois vraiment que la mode est un vecteur de bien-être capable de nous booster ou de nous réconforter quand nous nous sentons à plat. Porter sur soi une tenue que l’on trouve incroyable peut très vite nous remettre en position de puissance. Et cela n’a pas besoin d’être quelque chose d’extraordinaire. Ce pourrait être votre tee-shirt préféré ou une paire de superbes boucles d’oreilles ! La mode et l’habillement devraient être des concepts présidés par la notion de soin. Il ne s’agit pas de savoir combien vous dépensez ou quelle marque vous portez. Il s’agit surtout de vous et de la façon dont vous portez un vêtement. L’attachement que vous portez à vos vêtements est primordial selon moi. Pendant le confinement, le lien qui unit la mode et le bien-être est devenu plus évident. Certaines femmes se sont senties soulagées de pouvoir porter des choses plus confortables, d’autres ont perdu confiance en elles en perdant l’habitude de s’habiller. Je pense que nous avons réalisé que si l’on se sent bien, alors nous sommes plus épanouis et confiants dans nos interactions avec les autres. Je travaille avec beaucoup de femmes issues de domaines différents – professeures d’école, cadres techniques, médecins, mères au foyer – et c’est le même constat pour toutes : lorsque vous portez quelque chose que vous aimez, vous passez une meilleure journée !

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L’univers de la mode souffre pourtant d’une image futile et superficielle. Comment l’expliquez-vous ?

La mode est une industrie intimidante à bien des égards et je ne blâme pas ceux qui s’en sentent à l’écart. Justement, dans mon approche, je cherche à prendre le contre-pied de tout ça et à inviter les femmes à faire de la mode un terrain de jeux chaleureux, sûr et sans jugement. J’essaie de créer un espace où les femmes sont encouragées à prendre le temps de réfléchir à ce qu’elles portent et pourquoi. Aussi surprenant que ça puisse paraître, parler de mode en cette période de crise n’a rien de superficiel car, si l’on conscientise la mode, alors cette dernière sera notre outil pour nous sentir bien. La mode peut sembler être une préoccupation vaine mais c’est une formidable forme d’expression créative. Elle ne devrait pas être génératrice de stress mais, au contraire, permettre de mieux nous aimer.

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Pourtant, il reste encore de nombreux diktats. Les femmes sont confrontées à des injonctions. Comment se libérer de cette mode punitive ? Quels conseils donneriez-vous pour s’épanouir pleinement dans son style ?

Il n’y a pas de bien ou de mal en matière de mode. Ce qui va convenir à quelqu’un ne va pas nécessairement vous convenir. Au lieu de regarder ce que les autres portent et de se comparer, il est bon de prendre le temps de réfléchir à ce que nous aimons et pourquoi. Quand je travaille avec des femmes, je leur demande d’abord de mettre en évidence toutes les pièces qu’elles portent au quotidien. C’est toujours très surprenant car les vêtements qu’elles portent le plus ne sont pas ceux qu’elles aiment le plus. Cependant, cela aide vraiment les femmes à avoir un regard sur leur style personnel et à voir ce qu’elles présentent réellement au monde. Souvent, ce que nous pensons être et qui nous sommes vraiment vestimentairement est différent. Soyez fidèle à vous-même. N’essayez pas d’incorporer trop de tendances. Mais n’oubliez pas de vous mettre au défi de porter les choses de différentes manières selon les saisons. Le style est une question d’assemblage plus que de shopping.

 

Vous développez une approche très numérique, notamment via des séances de consulting par FaceTime ou encore des vidéos sur votre chaîne YouTube. Comment s’articulent ces séances ? 

La session varie beaucoup en fonction des problématiques de mes clients cependant je ne saute jamais la première étape. Celle où je demande de mettre bien en évidence les pièces portées quotidiennement. Je ne saurais trop insister sur l’importance de cette partie – obtenir un visuel de ce que vous portez réellement est très marquant. Ensuite, je demande à voir les pièces que mon interlocutrice aime mais ne sait pas associer. Nous piochons donc dans ces pièces chéries pour composer des looks quotidiens. Nous prenons en photos les différents looks portés ou non afin de garder une trace de toutes les possibilités existantes. Je pense aussi qu’en travaillant avec une « professionnelle » les femmes se sentent plus valorisées dans les choix qu’elles font. L’objectif principal est de retomber amoureuse de ses vêtements. Ce que je préfère, c’est quand on me dit : « J’ai hâte de porter ça ! » ou « J’avais oublié à quel point j’aime mes vêtements ! »

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Comment gérez-vous cette approche à distance ? 

C’est finalement moins compliqué que je ne l’aurais pensé ! Il y a en fait quelque chose de très intime dans FaceTime. Cela oblige à regarder les gens dans les yeux, à vraiment être présent et à écouter consciencieusement. Je trouve ça si incroyable de pouvoir entrer en contact avec des femmes de Hong Kong, de Singapour ou d’Australie depuis chez moi.

 

La mode devrait être une source de bien-être, pour autant c’est une des industries les plus polluantes au monde aujourd’hui. Comment concilier ces deux approches ?
J’aime proposer à mes clients de se poser les questions suivantes avant de faire un achat :
1. À quel moment vais-je porter cette pièce au lieu d’une autre que j’ai déjà en ma possession ?

2. À quoi serais-je prêt à renoncer pour avoir cette pièce ?

3. De combien de façons puis-je porter ceci ?

 

Être éco-conscient est un privilège et je sais que nous faisons tous de notre mieux en fonction de notre pouvoir d’achat. À mon sens, le plus dérangeant n’est pas de consommer de la fast-fashion ponctuellement, mais de traiter ces vêtements-là comme des articles jetables. La mode devrait être un investissement, pas nécessairement en argent, mais en temps. Les vêtements ne sont pas faits pour ne vivre qu’une saison et finir à la poubelle par la suite. Il y a également cette dimension apaisante que revêt une garde robe aérée et minimaliste. Cela rend la vie tellement plus facile d’avoir moins d’options. J’aimerais que les femmes aient un placard dans lequel elles aiment chaque chose. Que ce soit 5 ou 50, l’important est que vous aimiez ce que vous avez !

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Quelles sont vos marques éthiques favorites ?

J’ai découvert une marketplace incroyable appelée Rêve Ultime qui propose des pièces aussi belles que bienveillantes pour l’environnement. Le fondateur a effectué des recherches poussées sur chaque marque afin de proposer une expérience shopping éco-responsable très plaisante. Je recommande !

 

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pour organiser sa garde-robe dans le Volume 9 des Confettis,
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