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Inspiration et aspirations féminines

les confettis

Margaux Keller,
créatrice d’émotions

Talents | , 24/06/19 | share facebook Pinterest logo Share on Google+ share mail

Margaux Keller, designer et architecte d’intérieur, émerge sur la scène française grâce à ses réalisations à l’énergie envoûtante. Rencontre avec celle qui façonne l'émotion.

Margaux Keller,<br> créatrice d’émotions

 

Margaux, vous êtes l’une des architectes et designers d’intérieur les plus talentueuses de votre génération. Vous avez un parcours incroyable : ENSAAMA Olivier de Serres puis École Boulle et enfin passage par les bancs de l’agence de Philippe Starck. Quel regard posez-vous sur votre parcours ?
À 18 ans il fallait que je parte de Marseille pour m’ouvrir à d’autres horizons. Le passage à Paris était un peu la passage obligé, découvrir une fourmilière créative, rencontrer des gens qui aspiraient à la même chose que moi. Je me suis sentie à ma place très vite dans les écoles d’arts appliqués. Je dois beaucoup à Eugeni Quittlet, qui, chez Starck m’a appris quelques ficelles du métier. Puis il y a eu l’Italie, la Fabrica, centre de recherches et communication du groupe Benetton. Un vrai virage dans mon parcours, qui m’a propulsé dans la réalité du métier et en même temps c’était un rêve éveillé. Je dois beaucoup à Sam Baron, qui était alors le directeur artistique de la Fabrica.

Avez-vous toujours voulu suivre la voie du design ? Comment votre engouement pour les objets et les ambiances est-il né ?
Oui, enfant j’ai toujours adoré bricoler, dessiner, faire des herbiers, cueillir des fleurs et faire des assemblages de bouquets. Puis je m’inventais architecte d’intérieur, à 10 ans j’avais des classeurs et je découpais les carrelages, les peintures dans les magazines, les classais par thématique, je jouais à ça. Puis le mot « design » m’est apparu comme une révélation, ça sonnait bien, et ça rendait possible mon idée de redessiner les meubles de ma chambre. À ce moment là (13 ans) mon objectif est devenu Boulle, puis Starck. En 3ème j’emmenais ma maman aux portes ouvertes, à 18 ans j’y entrais pour de vrai.

Bibelo Margaux Keller Les Confettis

Vos créations évoquent le mouvement, la rondeur, la douceur et la stabilité. Qu’est-ce qui vous semble le plus important quand vous élaborez du mobilier ? Comment parvenez-vous à équilibrer esthétique et praticité ?
Le plus important à mes yeux est de soulever des questions avant même de commencer le dessin. En tant que designer nous portons sur nos épaules une responsabilité car nous sommes à l’origine de tous ces objets matériels qui sont aujourd’hui bien souvent remis en question, sont –ils légitimes ? J’interroge nos modes de vie, nos envies, j’ai besoin que les objets que je dessine soient vecteurs d’émotion. C’est ça qui fait leur légitimité : l’émotion. Car des chaises il y en a des millions, des lampes, des objets, tout existe. En revanche les aimer, les garder, les transmettre c’est plus rare. Je milite pour ça.

Margaux Keller les confettis magazine

Comment se complètent le design d’intérieur et le design d’objets ? Préférez-vous une des deux disciplines ?
J’ai commencé par le design d’objets, être créateur de formes, c’est quand même un privilège, d’imaginer que les gens vont vivre avec ces objets, c’est assez fou on se sent utile même si ça n’est que matériel. Et en même temps assez vite j’ai eu envie d’imaginer l’écrin dans lequel ces objets pouvaient évoluer, comme pour un film ou une histoire que l’on veut raconter, on imagine les personnages, leurs costumes ça contribue à la compréhension de l’histoire, et en même temps on dit aussi tellement avec les décors, l’intensité de la lumière, les teintes, le style, les matières… Ça s’est fait assez naturellement, j’ai eu une opportunité pour raconter une jolie histoire, Le Coiffeur en 2014 et depuis j’adore ces exercices là car c’est dans ceux là qu’on s’exprime le plus.

Vous donnez vie à du mobilier pour Hartô, vous êtes également directrice artistique de Bibelo et vous menez de front les projets de votre agence de design. Comment organisez-vous votre temps ? N’avez-vous jamais peur de la somme de travail qui vous attend quand vous démarrez la journée ?
Les journées et les soirées sont bien remplies. Mais en même temps chaque jour est différent car aucun projet ne ressemble au précédent, il n’y a pas de routine. Je viens tous les matins à l’agence mais c’est chaque fois pour une nouvelle aventure. Et je crois que j’ai besoin de vivre comme ça, que ça déborde, chaque jour est un défi. Parfois j’ai l’impression que ça ne va pas rentrer dans les heures imparties et puis ça pousse à l’hyper-créativité, à l’efficacité. Je travaille très mal sans pression ! J’ai besoin d’attendre d’être débordée pour m’y mettre vraiment et c’est là ou je suis le plus efficace.

Margaux Keller collection les confettis

Margaux Keller créations les confettis

Comment renouvelez-vous vos idées, où trouvez vous vos inspirations ? Avez-vous des idoles ou des artistes fétiches ?
On me pose souvent cette question. Je réalise aujourd’hui à quel point mes origines, le sud, Marseille, les rencontres que j’ai pu faire, la façon dont on vit ici ont une influence dans mon travail, dans mes dessins, dans les couleurs que je choisis plus ou moins consciemment. Il y a quelque chose de très intuitif au départ, une forme qui doit être sympathique, qui doit créer une émotion, de la surprise de l’étonnement, je cherche à générer des coups de foudre ! Des objets avec lesquels il fait bon vivre, qui osent, qui font parler d’eux, un peu comme des gens du sud. J’essaie de ne pas trop me laisser influence par « une idole ou un artiste », j’essaie d’exprimer quelque chose de singulier, et à l’heure de Pinterest et d’Instagram ce n’est pas toujours facile. Je lis en ce moment l’autobiographie de Charlotte Perriand, c’est passionnant de modernité, quelle vie incroyable au milieu de tous ces hommes. J’ai eu un vrai coup de cœur pour le musée Noguchi de New-York aussi, j’ai découvert les sculptures du designer japonais, travail fascinant.

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Quels sont vos projets pour la suite ? Comment allez-vous nous surprendre ?
J’ai lancé il y a quelques jours ma propre collection d’objets en autoédition. J’ai eu envie de m’exprimer autrement, plus directement, et de faire valoir un artisanat local. Margaux Keller Collections est né, nous avons des retours incroyables, les vases sont déjà tous vendus, c’est une aventure déconcertante, hyper-stimulante, et une vraie fierté. La série 01 s’appelle Vue Mer, en hommage à la grande bleue qui borde mon quotidien depuis toujours. Elle présente 2 vases en verre bleu soufflés au chalumeau, 2 miroirs fabriqués à la main par un miroitier et 1 salière-poivrier, notre objet de curiosité. Tous sont édités en série limitée numérotée. Et puis le rythme de travail du studio de design s’accélère, je travaille de plus en plus dans le domaine du retail, de la conception de boutique ainsi que pour des grandes marques. Une jolie collaboration est à venir avec Veuve Clicquot, j’ai également travaillé récemment pour Dior Parfums… Affaire à suivre.

 

www.margauxkeller.com

 

 

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